Culture, Voyage & Curiosités

Sur la route

Ce n’est pas vraiment une critique de film, je ne sais pas  faire ça.
Il n’y a pas vraiment de spoilers. Mais un peu, quand même.

Je voulais lire « Sur la route » de Jack Kerouac depuis longtemps. L’impression que c’était important, initiatique. Mais c’était un pavé, écrit petit, et parfois de simples détails suffisent à me décourager. Et puis la version originale est sortie, il y a quelques années, et j’ai eu à nouveau envie de le lire. Mais c’était une histoire réaliste à une époque où j’avais envie de fantaisie, de magie et d’autres mondes.

Et puis l’adaptation cinématographique a été annoncée. Et je me suis dit que je devrais bien lire le livre avant de voir le film. Mais je suis du genre à faire les choses à la dernière minute, alors j’ai oublié. Et je m’en suis souvenue trois jours avant la sortie en salle. Un peu juste. Pas infaisable.

En fait, si, infaisable. Mais j’ai commencé. J’ai parcouru les 150 premières pages à toute vitesse, en suivant le rythme de l’écriture de Kerouac, sans reprendre mon souflle, sans chapitre, d’une seule traite.

J’ai choisi de lire le rouleau original, publié récemment, le texte que Kerouac a ensuite retravaillé pour trouver un éditeur. Les noms des personnages sont différents. La première phrase est différente. Je voulais l’authenticité du texte brut sorti de la tête de l’auteur, sans retouche.

Et j’ai vu le film.

Et je n’ai pas retrouvé cette course effrénée. Dès les premières images, j’ai eu l’impression d’être coincée derrière le narrateur, au lieu d’être emmenée avec lui. Le silence et la lenteur à l’écran vont à l’encontre de tout ce que j’ai ressenti dans le début du livre. La frénésie, l’envie de tout vivre sans attendre, de tout essayer, de s’abrutir de route, de musique, de sexe et d’alcool.

Je ne me suis pas sentie connectée aux personnages, à leurs émotions. Tout ce qui se passe dans leur tête on ne peut que l’imaginer alors que ça devrait crever l’écran. Ils sont à fleur de peau, ils se cherchent, ils se perdent et refont les mêmes erreurs, ils ont peur, ils sont lâches, ils abandonnent … Mais tout ça est dans ma tête, parce que j’invente à partir du peu que j’ai lu, pas parce que le film le montre.

Je suis sortie de la salle un peu vidée, déçue, triste parce que cette fin … je suis une fille sensible, ne l’oubliez pas, mais je suis surtout ressortie avec l’envie de finir le livre et pas seulement ce livre mais les poèmes de Ginsberg (Carlo dans le film), le livre de Cassady (Dean Moriarty dans le film) et tout ce que je pourrais trouver sur cette Beat Generation dont on a tant parlé.

Ce qui m’intéresse le plus ? Leur façon d’écrire. La prose spontanée de Kerouac. Le rapport entre rythme, musique et écriture.  J’ai toujours lié musique et écriture. En tant qu’écrivain, j’ai envie de comprendre comment font les autres. Ce qu’ils ont testé, inventé et appris avant moi. Il faudra que je vous en reparle, j’appelle ça la Théorie Oscar Wilde.

Et vous, vous avez vu ce film ?

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5 réflexions au sujet de « Sur la route »

  1. Ah, ben je n’irai pas le voir alors. (De toute façon, je vais très, très peu au cinéma.)

    J’ai beaucoup aimé le livre, lu il y a quelques années en arrivant au Québec. Je l’ai filé à mon père qui me l’a finalement rendu… Ce livre m’a donné envie d’écrire. Mes aventures à moi. (Je sais, je suis un peu égocentrique.) 😛

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  2. Oui j’ai été voir le film. Et je suis ressorti avec un sentiment bizarre. Le film ne m’avait n’y plus n’y ennuyée. Il me manquer quelque chose, un peu comme toi, une frénésie. Il y’avait aussi pas mal de chose qu’on ne comprenait pas (je n’ai pas vraiment compris qui été les gens chez qui il font escale avec Viggo Mortensen) J’ai l’impression que tout va tellement vite, mais justement trop vite pour que l’on ressente quoi que se soit. Bref. N’y déçut n’y emballer mais une furieuse envie de lire le livre par contre, pour comprendre et parce que depuis le début je suis sur que dedans, on l’a ressent leurs frénésie.

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  3. j’ai lu le livre il y a 2 ans à peu près, très bon, excellent meme… sans avoir alors ce qu’était la beat generation et tout ce qui va avec, par hasard quoi… une sorte de révélation, j’aime tout ce qui n’est pas dit autant que ce qui est dit, et c’est toujours dur à « rendre » dans un film… mais j’irai le voir (si je n’oublie pas!), meme si je sais que je risque d’etre déçue, ne serait-ce que pour retrouver quelques instants cette ambiance débridée… et puis, sinon, si j’ai le temps, j’aimerais beaucoup relire le livre!

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