Dear Diary

La plage, l’année dernière

L’an dernier, à cette même date, j’arrivais à 5h du matin à Oulu, Finlande, dans une ville déserte et endormie. J’étais fatiguée d’avoir mal dormi dans le train couchette. J’avais faim. J’ai dormi deux heures sur un banc, au soleil, face au lac. Sur un banc, mon sac à dos sous ma tête pour ne pas qu’on me le vole (avec le recul, je ne vois pas qui aurait pu me le voler, vu que les rues étaient vraiment désertes). Je me sentais un peu clocharde. C’était le début d’un petit coup de blues/mal du pays.

Et pourtant quand j’y repense, j’en garde le souvenir d’une merveilleuse aventure. Le soleil, le calme, la vue sur les micro îles sur le lac, les roseaux, les structures des étals du marché pas encore installé, les maisons aux façades pastels, voyager en train sans se poser de question, découvrir de nouveaux plats, entendre parler une langue inconnue … la belle aventure !

Je donnerais n’importe quoi pour y retourner.

L’an dernier, à cette même époque, je partais à l’aventure pour me perdre, pour me trouver, pour faire quelque chose de cet héritage que mon père m’avait laissé. Pas seulement l’argent qui m’a permis de financer ce projet, mais cet état d’esprit, d’aller voir ailleurs, découvrir le monde, de marcher seul sur une route inconnue et de se nourrir de tout ce qu’on rencontre.

J’avais l’impression d’avoir réussi, de lui avoir fait honneur, d’être la digne fille de mon père. Sans que ce soit une contrainte, attention, je ne suis pas partie à contre coeur faire un voyage qui lui aurait plu mais qui m’aurait repoussé. L’amour des voyages, c’est de famille. J’ai saisi l’occasion quand elle se présentait. J’ai suivi mon rêve et c’était bon.

Je suis revenue à Paris et j’allais mieux. J’allais même presque bien. Un voyage, un travail, des amis, un roman en préparation.

Et puis me voilà, un an après, malheureuse et misérable.

Voilà ce que fait le chômage sur ma vie. Il y a d’autres choses en jeu, mais c’est le vrai point de départ de mon mal être.

Oh, vous pouvez envier ma situation, mon temps libre, mon absence d’horaires, de patron sur mon dos.

Moi je déteste ne pas travailler. Je me sens inutile. Rejetée. Bonne à rien.

Si l’écriture était mon métier, alors oui, vous pourriez totalement envier tout ce temps à ma disposition, tout ce temps pour ma passion.

Mais ce n’est pas le cas. Oui, j’ai commencé l’aquarelle, j’ai repris mon roman de 2010, je me lève quand bon me semble et je passe la nuit à échanger avec des personnes formidables sur twitter. Oui, je profite de mon temps. Il le faut bien ce serait pire, si je ne faisais rien. Mais j’aimerais mieux faire tout ça en plus d’un travail.

J’aimerais mieux pouvoir dire du mal de mes collègues que de ne pas en avoir.

J’aimerais mieux râler d’avoir à me lever tôt plutôt que de compter les heures où je ne sers à rien.

Bon, je ne regrette pas de ne pas avoir à prendre le train et le métro tous les jours, ça c’est vrai. Je n’ai jamais aimé cette partie du travail.

L’an dernier, à cette même époque, je regardais le soleil se lever sur la Finlande, et ça ressemblait, dans ma tête au moins, à cette musique du film « Les ailes pourpres ». Je mangeais pour la première fois une soupe de saumon (coup de foudre à la première bouchée). J’appréciais le calme, la nature, les étals de baies rouges et je me rendais compte de la distance qui me séparait de ma maison, de ma vie.

Je me sentais légère et confiante.

J’aimerais retrouver ça.

La confiance. En moi. En les autres. En la vie.

Ok ce post est un peu décousu, pardon, repenser à ce voyage et à ce qu’est ma vie maintenant me met la tête en vrac.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des boulettes Ikea dans le congélateur, je vais pouvoir prétendre le temps d’un repas être encore un peu là bas. Oui c’est suédois, d’accord, mais avec un peu d’imagination, ça fera l’affaire.

Et l’imagination, ce n’est pas ce qui me manque !

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3 réflexions au sujet de « La plage, l’année dernière »

  1. je ne peux que comprendre ton mal-être…
    on n’imagine pas que le chômage en lui même soit un vrai préjudice et non un luxe !!
    je connais ce sentiment de faire partie de rien, de n’être rien, de ne servir à rien…
    complètement desocialisé et devenue asociale (et aigrie et malheureuse)
    beaucoup de courage à toi !!

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