Dear Diary

Là où je ne pars pas

place nature sea ocean

Parfois (souvent) je rêve que je vide mon compte, toutes mes économies et que je pars. Je pars sans me retourner, je laisse tout derrière, je laisse tout se dessécher, prendre la poussière, je laisse les lieux, les gens, le réveil et je pars. Un sac à dos et plus d’attaches. Je vais voir la mer et les rivières, les vallées et la montagne, les plages, le ciel, je veux respirer l’air frais et voir les oiseaux libres, comme moi. Je jette tout ce qui m’alourdit, je ne prends que le nécessaire et de quoi écrire et peindre et je pars, loin, pour toujours.

Je veux du calme et des grands espaces. Je veux un travail qui ne me fait pas pleurer. Une chambre aux murs nus, blancs, purs. Une armoire presque vide. Des souvenirs en photo, pas des objets qui prennent la poussière.

Je veux de l’espoir et des sourires. Je veux tout ce que je n’ai pas. Tout ce que je ne crois pas pouvoir avoir. Je veux ce que je ne sais pas obtenir.

Je veux une vue sur l’océan et du silence.

Je veux partir. Je reste. Je reste accrochée à tout ce que j’ai et qui m’encombre. Je reste parce que je ne sais pas comment partir. Je ne sais pas quoi faire de tout ce que je possède, tout ce que je voudrais jeter, d’un coup d’un seul sans réfléchir, sans trier, sans états d’âme. Des états d’âme j’en ai trop. Il faudrait commencer par me débarrasser de ça, avant de passer au reste, mais je ne sais pas comment. Comment jette-t-on les « on ne sait jamais », les « ça peut servir » et les « au cas où » ?

Je reste parce que je n’ose pas être celle que j’imagine. Parce que celle que je suis est loin d’être aussi forte que celle que j’aimerais être.

Je reste parce que  j’ai peur que ce soit pire. Je ne sais pas comment ça pourrait être pire mais j’ai peur quand même.

Je reste et je ne pars que dans mes rêves.  Mais je crains qu’un de ces jours, mes rêves soient pris de la même peur que moi et s’enlisent dans mes pas, qui ne vont nulle part, qui restent là, qui me clouent au sol. Un de ces jours j’oublierai de rêver. Il ne restera plus que le sentiment d’avoir tout raté.

Je reste parce qu’il est trop tard pour partir.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

4 réflexions au sujet de « Là où je ne pars pas »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s